La forme

Une culture partagée

Résumé

 

Une partie de ce spectacle s’élabore à partir  de complicités et d'histoires locales.

À partir de documents glanés sur place, nous construisons une mythologie du village d'à côté à la fois drôle et tendre, réelle et imaginaire. Nous associons des acteurs amateurs à la reconstitution du conseil municipal, où ils joueront les personnages clefs. Cela fonctionne comme un labyrinthe faits de miroirs, créant des mise en abyme dans lesquels nous ne savons plus où se situe la fiction et la réalité. C'est un jeu de dominos où chacun est porteur d'un morceau de vérité. Une soirée autour de laquelle on essaye de retrouver un sens et des valeurs communes.

 

Ce spectacle fonctionne comme un puzzle : certains morceaux sont existants, d'autres se construisent en lien avec les habitants des territoires où il se joue.

En amont de la présentation nous recueillons des témoignages vidéo qui viendront ponctuer le spectacle.

Kropps est un apprenti sorcier drôle et sensible qui, au travers de petits extraits vidéo tournés dans le village, tente de faire résonner nos manières d'être. Il philosophe à partir de répliques empruntées

au conseil municipal. Afin de démêler les fils, il n'hésite pas à mettre en jeu son propre père, maire du village et ancien agriculteur, qui assis dans sa cuisine s'interroge sur les héritages qui sont les siens. Il accumule les digressions et finit par se prendre lui même dans les fils de sa propre histoire. Il est à la fois l'araignée qui tisse sa toile et l'insecte qui est pris au piège. Ce petit clown baroque qui se débat

au milieu de nos valeurs et de nos héritage, pour tenter de nous réconcilier.

Suite à une donation faite à la commune, le conseil municipal éclate, et comme une traînée de poudre, la discorde se répand au village tout entier.

Pour tenter d’apporter des réponses à ce conflit, Bernard Kropps, de la société Audicé –L’Audit comme un long périple-,  est nommé par la préfecture.

Il plonge alors avec ses habitants au cœur des convulsions qui agitent nos campagnes, du vivre ensemble, de ces territoires en mutation et

tente de désamorcer les conflits…

 

Mise en scène

Jean-Charles Thomas

jeu

Max Bouvard

Christophe Miga

Vidéo

Antoine Damis

 

Critique Jacques Livchine:

C’est une forme ultra originale et qu’il est difficile d’analyser avec les critères du théâtre habituel.

Un expert d’une boîte d’audit de Besançon est chargé de régler un conflit qui a eu lieu au conseil municipal de Rans, le village d’à côté. Il commence par faire le profil sociologique des personnes présents, ce qu’il appelle “une carotte glaciaire”. Qui est natif d’ici ? Qui a son nom sur le monument aux morts ? Qui a le bac sec ? Qui est néo rural ? Qui est chasseur ? etc.

Les habitants se prêtent au jeu. Considérant que les 2 villages ont le même profil, il peut commencer.

Ce qui est très réjouissant c’est que Bernard Kropps, le personnage, n’arrête pas de faire des diversions personnelles, ce qui va être un des fils rouges du spectacle dont la construction est en fait assez complexe.

Mais avant tout on assiste à une description précise du village d’à côté. Projection de diapos qui enchantent l’assistance, tant elles sont banales et un tantinet ridicule. (vraies photos).

Puis vient l’heure de la reconstitution In Vivo, du conseil municipal de la crise. Kropps choisit avec minutie les personnages dans le public : la pharmacienne, le linguiste, le paysan chasseur etc.

Voilà donc le conseil municipal. Chacun doit lire ses répliques, et Kropps enrichit tout ça de ses réflexions personnelles de moins en moins voilées.

On y voit son père (le vrai père de Max) dans un entretien projeté sur l’écran. Peu à peu le filigrane devient clair, Kropps à travers cette histoire de transmission, commence à régler ses propres problèmes. Et peu à peu, on devine que le personnage de Kropps n’a pas voulu reprendre l’exploitation de son père etc. Tout ça est habilement fait, on rit beaucoup, et pourtant c’est très sérieux.

 

Le village d'à côté