Cette année, la compagnie Gravitation s’est inscrite dans une manifestation mise en place par le village de Sainte-Anne et le village de Crouzet-Migette. Ces deux villages organisent depuis quelques années des échanges avec des communes françaises qui ont en commun un Pont du Diable. Au travers des légendes liées au Pont, ils mettent en valeur un patrimoine et des savoir-faire locaux. Cette année, c’était à Crouzet et à Sainte-Anne d’organiser la manifestation et de recevoir les délégations venues d’Ariège et de Normandie.

La manifestation s’est déroulée sur deux jours, et s’est articulée autour d’un marché artisanal, d’un banquet et d’un concert qui venait clore le repas.

Les villages voulaient enrichir la manifestation avec du théâtre. C’est dans ce contexte que Nathalie Van de Woestyne, vice-présidente de la Communauté de Communes, a fait appel à notre Compagnie. Elle nous a proposé que le Festival des Deux Rivières que nous animions depuis quelques années, change de forme et intègre la manifestation à Crouzet.

Il a toujours été évident pour nous que nous ne pouvions pas mettre en place une programmation et des actions culturelles ex nihilo,  que cela devait donner naissance à des coopérations importantes avec des associations locales et des habitants.

Cette année à Crouzet-Migette nous avons apporté une touche théâtrale à Festi’Diable.

Cette collaboration a permis de combattre un certain nombre de stéréotypes liés à la culture. elle a montrée que le théâtre pouvait aisément se diluer dans une fête populaire, être à la fois drôle, sensible, poétique, source d’émotion.

C’est ce que nous avons réussi au travers d’une déambulation théâtralisée qui se déroulait en partant du cœur du village jusqu’au Pont du Diable. Le premier jour, il y avait une centaine de spectateurs, mais le lendemain, à notre grand surprise, la jauge a explosé : il y avait entre 500 et 600 personnes.

Pour mettre en place cette ballade théâtralisée, nous avons organisé une fourmilière, un stage de réalisation mêlant amateurs et professionnels, enfants et adultes. Mais contrairement aux autres fourmilières, où nous étions logés ensemble, avec un fonctionnement qui pouvait vite tourner en vase clos,  nous avons fait le choix d’organiser un camping chez l’habitant. De plus, nous avons mis en place une cuisine d’été ouverte à tous les habitants où, pour une somme modique, ils pouvaient partager le repas avec nous. Cette implantation a été source de partage et de convivialité. Plusieurs adolescents du village ont participé à la fourmilière, et malgré le fort investissement que réclamait déjà l’organisation de la fête,  des adultes du village, mais aussi des ariégeois et des normands, membres de délégations invitées, ont participé aux différentes scènes que nous avons élaborées.

Festi' diable

Le pont du Diable