Un jeu de rôle

une compétition

Une Matrice

La scénographie

Un théme

Jeu des 7 péchés

Le thème des péchés capitaux renvoie à tout un univers de contes et de fables, de morale, de valeurs éducatives.  Il est le ressort de nombreuses pièces de théâtre et de films. Liés autrefois à une morale religieuse, les péchés sont aujourd’hui au service d’un pouvoir économique : la compétition nous force à être les meilleurs ou, en tout cas, à se prétendre tel, jouant sur notre orgueil. La publicité exploite l’envie pour nous faire consommer, les industriels nous proposent des bidules toujours plus innovants pour nous faciliter la vie et asseoir notre paresse. Sans les péchés capitaux notre modèle économique s’effondrerait. Autrefois l’église les bâillonnait, aujourd’hui le commerce les déchaine.

Il y a quelque chose de Monthy pytonesque dans ce paradoxe sur lequel nous avons envie de jouer. D’un côté la morale, de l’autre l’économie.

Ces jeux sont orchestrés par des Léon Zitrone démoniaques qui au lieu de réprimer nos péchés viennent les exacerber, leur objectif étant de nous rapprocher à chaque épreuve un peu plus près de l’abîme.

La scénographie et le matériel des jeux, tout en gardant un esthétique de kermesse, peut gagner en grandiloquence. Le plastique et le côté bricolage que nous avions privilégié par manque de temps est intéressant parce qu’ils renvoient à l’enfance. Nous sommes dans des jeux, il y a quelque chose de faux où rien ne semble grave. Une infantilité entretenue, par les marchands de rêves, que sont nos présentateurs. A l’image de leur alter égo télévisuel, ils vendent du cerveau disponible. Les objets et les accessoires dessinent l’intrigue future, une fin du monde inéluctable et souhaitée par nos deux présentateurs démoniaques. C’est pourquoi ils portent en eux quelque chose de l’ordre des paillettes, du blingbling et quelque chose de l’ordre du déchet, une esthétique de l’art brut.  Les spectateurs doivent entrer dans une arène foraine du vingtième siècle, à la fois coloré et kitch. Cependant, lorsque l’on regarde de plus près, on voit que tout est fabriqué à partir de rebus.  Comme le disait Kantor, la scénographie se situe entre l’éternité et la poubelle, une sorte de fin du temps.

Tout est annoncé dès le départ, nous sommes à la recherche de l’abîme.

Il est important de garder cette dissonance entre la fête foraine et le thème, les sept péchés capitaux. C’est ce décalage qui créait un équilibre burlesque et grinçant à la fois. Nous jouons la fin du monde. Les présentateurs Zitronien ont quelque chose d’ubuesque.

Ce décalage est à la fois drôle, à même de produire de la complicité et de générer du sens. Au lieu d’être, des prophètes collapsologues, nous tenons un discours écologique inversé, la fête devient une célébration de l’apocalypse qui vient, nous gagnons notre propre perte, tout en étant dans l’euphorie d’un jeu. C’est un miroir grimaçant que nous tendons en riant de toutes nos dents.

Nous avons, en tant que compagnie, développé des spectacles participatifs et c’est eux qui nous ont fait reconnaitre dans le milieu de la rue. Avec ces jeux inter-villages, nous poussons le curseur encore plus loin. Sans se muer en comédiens, les équipes de différents villages deviennent au travers d’une compétition et malgré eux, le centre de l’attention. Elles sont prises dans les rouages d’une dramaturgie sportive, avec des enjeux forts, à la fois drôles et porteuses de tension dramatique, faite de dépassements et de revirements comme dans toute compétition sportive.

Cette compétition met en jeu une comédie humaine qui dépasse la simple animation de village. Les jeux ont pour thème les péchés capitaux. Chaque épreuve met en jeu un de ces péchés.

 

Suite à l’expérience des jeux inter-village entreprise cet été à BY, je désire poursuivre le projet et l’emmener plus loin qu’un événement unique.

Le territoire de la Communauté de Commune Loue Lison a souvent été pour nous une matrice qui nous a permis d’explorer des formes nouvelles, une rampe de lancement à partir de laquelle nous sommes partis ailleurs, hors région.

Ces jeux de foire détournés constituent une forme originale, une intervention qui peut aisément se hisser au statut de spectacle.

  Son aspect bon enfant et ludique la rend très populaire ; la dynamique qu’elle met à l’œuvre en termes de rencontres et de participation en fait un objet unique.