Point de départ

« Mesdames et messieurs, frères humains, habitants du monde, descendants d’Adam et Eve. Approchez, Mesdames et Messieurs, vous ne vous êtes pas trompés. C’est bien ici ce soir, que vous allez pouvoir renifler l’impossible, vous qui n’avez jamais osé l’imaginer, vous qui n’avez jamais voulu y croire, vous qui l’avez rêvé, aujourd’hui, pour vous, s’ouvrent les jardins de Cocagne, la foire aux illusions Alléluia! Fini l’aliénation, chez nous que des solutions. »

"La Foire aux Illusions" témoigne de notre désir d’explorer des thèmes dans leurs étendues et leurs déclinaisons. Elle est un patchwork, un kaléidoscope composé de petites scènes éclatées qui chacune donne à voir une des couleurs de l’utopie.

 

Dans cette ère de mondialisation, où se livrent de grandes batailles économiques, où les idées politiques sont en crise, les clivages de plus en plus ténus, aujourd’hui où les rêves de révolution se sont éteints les uns après les autres, nous sommes partis à la recherche, des utopies, de ces chants des sirènes, de ces miroirs aux alouettes, nous avons dérivé le long d’îles magiques semées par de petits poucets philosophes. Dans ce monde rangé, où le confort semble nous avoir anesthésiés, nous avons eu envie de souffler la langue des humanistes et des fous.

Une foire

Pour donner corps à ces utopies, nous avons créé une tribu d’irréductibles excessifs, suspendus entre ciel et terre, réalité et fantasme. Sorte de clowns lunatiques, déambulant sur le fil de leurs hallucinations, pris au piège de leurs obsessions. Au fil des différentes périodes, nos hallucinés revêtent quelques guenilles de marchands de paradis, de vendeurs d’idéaux. Ils ont tous quelque chose à nous proposer pour changer notre monde.

Cela pourrait ressembler à un camp d’internement, un bidonville, un asile psychiatrique, une foire suspendue entre l’éternité et la poubelle : la jetée des mondes. Une esthétique faite de récupération, où se mêlent de vieilles baraques foraines, des frigidaires rescapés de quelques naufrages, des clapiers, tours fantomatiques, des charrettes, des bidons…

 

Sur fond de satyre sociale ubuesque, nous proposons au spectateur de jouer à cette foire aux idées. Il oscille d’un stand à l’autre, d’une idée à une autre, tantôt simples numéros, tantôt jeunes entrepreneurs ambitieux prêts à tout avaler sur leur passage.

“Aujourd'hui chez Lespinasse boucherie, messieurs dames, rien que du naturel, rien que de la qualité, rien que des produits exceptionnels : du bébé pauvre de 1 an de souche française garantie. Sachez que chez Lespinasse boucherie, on prend toutes les garanties pour vous assurer le meilleur produit. Ainsi le label " Bébé sain élevé au sein " estampille tous nos produits.  Plus tendre qu'une dinde, plus fondant qu'un porcelet, plus savoureux qu'un chapon , "Un rôti de bébé , quelle belle idée ".

Laissez vous porter dans cette foire. Une foire terrible, drôle et folle à la fois. Approchez-vous de leurs stands, de leurs promesses, de leurs lubies.

Ils ont réponse à tout, une solution à tout.

La vieillesse est un problème ? Pas pour la marchande de vieux qui se propose de les réinsérer dans la société, de vendre leurs services : l’un sait chasser les vendeurs au porte à porte, l’autre enjolive les bancs de votre commune… Elle en a un catalogue rempli. Vous dénicherez certainement la solution, votre solution.

Comment soulager les classes pauvres tout en luttant contre la malbouffe ? Mais demandez donc à ce boucher expert en viande de premier choix. Et HOP ! Deux problèmes réglés d’un coup.
 

La foire aux Utopies

Des clown echappés d'un asile de l'histoire

Entre idéal et folie

Et vous pourrez confesser vos doléances à la tête de liste du super

 «Mouvement pour le renouveau ».

Ah, La déprime! La gangrène de la fin du siècle dernier qui a tendance à vouloir déborder un peu trop sur celui-ci! Ce n’est plus un problème dans notre foire! Prenez ce problème à la base avec nos camelots-médecins, ou encore laissez libre cours à vos pulsions en consultant notre camelot vendeur d’armes : « Chez Jojo, y a tout ce qu’il faut, outils et matériaux » ; de la fourchette aiguisée pour les assiettes en porcelaine de la belle-mère, au sac plastique spécial étouffement pour le SDF qui vide votre poubelle en en mettant partout.

Et vous en croiserez pleins d’autres, de ces marchands d’absolu : la promoteuse immobilière proposant des parts de sa cité idéale, la marieuse qui saura dénicher votre moitié égarée depuis des milliers d’années, l’aïeul pour qui « le bonheur, c’est la famille » ou encore celui pour qui les trente cinq heures c’est trente cinq heures de trop…

 

 

Ils ne sont pas frais mes petits vieux. Achetez mes petits vieux, chez Raspaille & Co, , les moins frais du marché.

Oui ils ne ressemblent plus à rien et pourtant ils peuvent encore servir. Mesdames et Messieurs, ne les jetez plus, tout n’est pas perdu. Aujourd’hui rien ne se crée, rien ne se perd, tout se recycle.

Chez Raspaille on récupère, on vous en débarrasse, on peut même vous l’échanger contre un plus approprié...

En sortant de là, vous n’aurez plus que l’embarras du choix ou peut-être ne vous rappellerez même plus ces temps très anciens où l’on ne trouvait solution à rien.