Une famille en or, c’est un  album  de photos, avec son défilé d'événements, et de souvenirs, un album dans lequel les enfants grandissent au fil des pages, deviennent adultes, se marient, et s'en vont, l'histoire d'un cycle qui va de la mort à la naissance. Une histoire universelle.

Le manège de familles

 

On  ressasse les petits bonheurs.

On se raconte les mêmes histoires inlassablement.

On se bouscule.

On se heurte.

On se fait mal aux mêmes endroits,

et pourtant on s'aime,

sans trop savoir comment ni pourquoi.

On tourne en rond.

On se reconnaît sans se comprendre.

On fige l'autre dans un rôle

que l'on supporte pourtant de moins en moins.

On cherche une reconnaissance.

On veut prouver que l'on est.

On cherche à se faire une place,

et faute de mieux on prend celle qui était disponible,

celle qu'on n'a bien voulu nous laisser,

et on s'y accroche.

​Ainsi va la vie dans une famille en or.

Le prologue

 

Le spectacle s'ouvre sur un enterrement. Georges  le père vient de mourir. Ses enfants et sa femme sont là. Tous sont empêtrés dans leurs costumes noirs, parasités par des pensées futiles, incapables de se recueillir, de lâcher prise. Tous fuient leur douleur et leur émotion pour se réfugier dans les conventions.

Ils sont là, bien alignés, comme dans un jeu de sept familles.

Il y a Mauricette et ses enfants : Bernard qui est si gentil, Gilbert le canard boiteux, Martine qui pense à tout, à la place de tout le monde, et sa fille Caroline qui voudrait qu'on la laisse tranquille, Françoise, la future de Bernard qui ne trouve pas sa place.

 

 

 

Mise en scène

Jean-Charles Thomas

 

Distribution

Max Bouvard

Olivia David

Sylvie Didier

Virgil Mergnat

Isabelle Roy

Fabien Thomas

Natalia Wolkowinski

 

Un spectacle festif  et participatif  

Après ce court prologue et une ellipse de temps, les spectateurs s'embarquent dans un autre rituel : le mariage.

Mêlés aux acteurs ils vont perpétuer le rite avec son lot de figures obligées. Ils défilent autour de la table en faisant aboyer les klaxons, félicitent les mariés, leur offrent les éternels cadeaux tous plus épouvantables les uns que les autres.

Les voilà intronisés, membres à part entière de cette famille, et c'est en tant que tels qu'ils s'assoient à la grande table du banquet. La noce peut commencer.

Les spectateurs convives boivent, dansent, chantent entre deux discours, les personnages les prennent  à témoin, se racontent, se confient et s'épanchent.

Tous les ingrédients sont là : les airs de javas, la chenille, la soupe à l’oignon, le petit blanc. Personne ne manque à l'appel. Il y a le tonton égrillard et graveleux, la mariée potiche, le marié qui n'en peut plus de s'extasier, la mémé nostalgique. Même le mort vient hanter la fête. C'est son fils qui se marie. Celui qui lui ressemble tant.

Nous avons reconstitué une fête, avec tous ses débordements d'énergie et d'outrance. C'est une forme conviviale et intimiste qui permet au  spectateur de sortir de son rôle passif et de le rendre complice d’une histoire qui lui ressemble.

La noce, c’est un lieu d'ancrage, une ligne de départ qui marque la naissance d'une famille, une promesse qui fait signe vers un avenir fantasmé, paré de tous les espoirs, de toutes les aspirations et de toutes les peurs. 


 

 

Le jeu des clichés

​La noce, c'est aussi le lieu où une famille se donne en spectacle, se représente. On y rencontre des personnages embourbés dans  les conventions, des êtres pris au piège des apparences.

Les clichés nous permettent de jouer sur des entre-deux, des ambivalences. Les personnages ne sont plus ce qu’ils disent. La parole n'est plus qu'une coquille vide, une carapace. Elle est le signe d'un en-dessous beaucoup plus riche et beaucoup plus trouble : une  difficulté d'être, de se dire, alors qu’on voudrait tellement être compris.

 

 

 

 

 

Nous partons d'une réalité stéréotypée, simple, qui sert de point de départ à une construction complexe. Nous partons des apparences afin de révéler progressivement ce qui se cache derrière. Nous allons de la surface à la profondeur, du cliché à l’authenticité.

​Ces cheminements nous permettent de jouer sur des gammes  plus étendues, des ruptures fortes et des contrastes saisissants.

Les acteurs oscillent d'un registre de jeu à un autre, du joué au raconté, du jeu d'enfant grotesque et tendre, au réalisme du quotidien, de la théâtralité à la confidence.

Ce spectacle se déroule comme une enquête, avec ses reconstitutions, ses témoins aux versions parfois divergentes, son paquet de non-dits, et d' indices.

​Le spectateur est face à une réalité morcelée et trouée. Pour combler les vides, il doit mettre son imaginaire en jeu, revisiter son histoire familiale, se projeter dans les différents personnages et devenir tour à tour frère/soeur, père/mère, fils/fille, ou les trois à la fois.

Ici on ne s'étripe pas comme dans une tragédie grecque. On est civilisé : pas d'infanticide, d'inceste, de parricide; seulement le petit manège des familles, un manège cruel et tendre à la fois.

Du simple vers le complexe

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Nous partons d'une réalité stéréotypée, simple, qui sert de point de départ à une construction complexe. Nous partons des apparences afin de révéler progressivement ce qui se cache derrière. Nous allons de la surface à la profondeur, du cliché à l’authenticité.

​Ces cheminements nous permettent de jouer sur des gammes  plus étendues, des ruptures fortes et des contrastes saisissants.

Les acteurs oscillent d'un registre de jeu à un autre, du joué au raconté, du jeu d'enfant grotesque et tendre, au réalisme du quotidien, de la théâtralité à la confidence.

Ce spectacle se déroule comme une enquête, avec ses reconstitutions, ses témoins aux versions parfois divergentes, son paquet de non-dits, et d' indices.

​Le spectateur est face à une réalité morcelée et trouée. Pour combler les vides, il doit mettre son imaginaire en jeu, revisiter son histoire familiale, se projeter dans les différents personnages et devenir tour à tour frère/sœur, père/mère, fils/fille, ou les trois à la fois.

Ici on ne s'étripe pas comme dans une tragédie grecque. On est civilisé : pas d'infanticide, d'inceste, de parricide; seulement le petit manège des familles, un manège cruel et tendre à la fois.

Le jeu des projections

et des reproductions  

La mémoire un jeu de corespondance

A cette première réalité de la noce vient s'en ajouter une autre : les souvenirs.

Mauricette a sorti l'album de famille, les souvenirs émergent de dessous la table et s'invitent à la fête.

 En une série d'instantanés, l'enfance de Bernard et Gilbert se déploie sur la table, avec son défilé de rivalités, de jalousies, d'admirations, un mélange de cruauté et de tendresse.

Le passé vient éclairer le présent. Des correspondances se tissent, des analogies se font. Nous ne sommes plus dans une trame narrative classique, mais dans un récit morcelé où les temps s'enchevêtrent et se répondent, un récit à plusieurs voix, où chacun est tour à tour conteur, et acteur d'une histoire qui se rejoue.

 A la noce, Martine cherche sa fille Caroline et s’angoisse de plus en plus, pendant que Gilbert et Bernard, ses frangins redevenus enfants, jouent à Martine.  Ils nous racontent sa fugue et son retour à la maison, enceinte jusqu’aux yeux.

Le spectacle fonctionne comme un jeu de miroirs, une mise en abîme drolatique, où chaque morceau vient faire échos aux autres, où chaque personnage apporte un contrepoint au récit familial.

Martine parle de son couple tandis que Caroline exorcise ses difficultés relationelles avec sa mère en la parodiant au travers de ses marionnettes.

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Une famille en or