Le matin, avant la représentation au bar de l'U, rendez vous à France3 pour le "midi pile". C'est eux qui m'ont appelé.
Je demande à Maryse de m'accompagner. C'est toujours mieux si on est accompagné d'un pauvre, ça fait plus crédible. Et puis, un pauvre à la télé, en cette période pré-éléctorale, c'est très tendance surtout s'il est bien dans ses pompes.
Je me suis dit : "soyons tendance".
Donc, je me rase, j'enfile un beau pantalon, même si on ne le verra pas à la télé, c'est psychologique, et une belle chemise.
Maryse aussi, elle a fait un effort vestimentaire. Je me sens moins seul.
A 11h30 on rentre dans France3 pour le midi pile.
On nous accueille, très bien et on nous envoie au maquillage.
Là, une dame très gentille nous demande comment il faut qu'elle nous présente : le petit texte qu'on verra en bas de l'écran quand nos tronches apparaîtront.
Pour moi, ça sera "metteur en scène de Vendez tout".
J'ai pas envie de lui expliquer qu'on est plusieurs à faire de la mise en scène et que je ne suis metteur en scène qu'en dilettante, et que Gravitation, c'est avant tout la collégialité...
On a décidé d'être battants, pas de noyer le poisson.
Pour Maryse, c'est plus compliqué. Elle a du mal à dire comédienne, je ne comprend toujours pas pourquoi.
"Comédienne alter pauvre", je lance à tout hasard.
Maryse sourit, ça lui convient très bien. La nana de France3, elle, nous regarde d'un air circonspect puis ne sachant pas si on plaisante ou non, elle finit par noter sur sa feuille "comédienne alter pauvre".
Sur ce, la maquilleuse nous maquille, on cause un peu. En fait, on flippe un peu. C'est du direct.
Une autre dame très gentille, un peu grande gigue vient nous chercher, c'est la présentatrice du midi pile, quelqu'un d'important quoi.
Vous avez remarqué que je dis du bien de tout le monde, mais vraiment, on les a trouvé plutôt sympa à France3, et puis on veut bien y retourner, on soigne notre communication, on est des battants.
On a eu 4 minutes montre en main pour parler de notre travail. On n'en a pas forcément très bien parlé, mais on a souri, et ça c'est important.
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